Chaque année, sous la pression du Moratoire imposé en 1982 par la Commission Baleinière Internationale, et suite à l'interdiction par la CITES de commercialiser des produits d'origine baleinière, le Japon éprouve de plus grandes difficultés pour répondre aux demandes de ses restaurateurs. La viande de cétacé reste encore un mets fort prisé dans ce pays et la demande en est importante, malgré le grave niveau de toxicité de cet aliment et de l'opposition courageuse d'une poignée d'activistes japonais. Que ce soit lors de chasses au harpon « froid » menées au large ou lors de chasses au rabattage (drive-hunt) conduites le long des côtes, les pêcheurs japonais massacrent plus de vingt mille cétacés par an (dauphins, marsouins de Dall, pseudorques, orques, etc.) et ce, d'une manière extrêmement cruelle. En 20 ans, le Japon a ainsi éliminé de ses eaux plus de quatre cent mille petits cétacés, à l'heure où la vie de ceux-ci est déjà gravement menacée par les prises accidentelles en filets dérivants, la famine et la pollution.
Les premiers massacres
Afin d'alimenter le marché de la viande de baleine en produits de substitution et de répondre aux demandes en captifs frais, une première chasse au rabattage eut lieu à Iki en 1979. Des centaines de dauphins furent égorgés sur une plage spongieuse de sang. L'année suivante, un autre massacre, comprenant cette fois des pseudorques parmi les victimes. La scène fut filmée par des caméras indiscrètes et enfin, l'information circula et fit scandale au niveau international. Tout s'arrête jusque en 1987, date à laquelle le Marine World Africa (USA) passe à son tour commande de dauphins et de pseudorques. Les prix offerts sont plus élevés et aussitôt, une nouvelle chasse est menée. Quatre-vingt dauphins sont hissés vers la plage. Quinze sont mis de côté pour le delphinarium américain, tandis qu'à quelque mètres, les autres agonisent sous le soleil en se vidant de leur sang, parfois écorchés vifs.... Depuis 87, la machine s'est emballée et de nouveaux massacres ont eu lieu à Ito, puis à Iki en 1993, à Futo en 1996, à Taiji en 1999 et ce ne sont là que les chasses connues. Les pêcheurs ont appris à se montrer discrets.
L'horreur filmée à Port Futo
Pourtant, la pêche menée au port de Futo, dans la péninsule d'Izu, a pu être filmée en cachette par l'association japonaise IKAN. Ces images furent montrées à la Conférence de la CITES de juin 2000 à Adélaïde : les délégués japonais, blêmes de honte, durent quitter la salle. La cassette vidéo , aujourd'hui disponible sur simple demande, nous permet de reconstituer les étapes de cette boucherie atroce et d'imaginer comment elle se répète chaque année, sur plusieurs plages japonaises.... Les pêcheurs partent en mer. Une bonne centaine de dauphins sont repérés, isolés, rassemblés, poussés par des filets vers les rives d'une petite baie peu profonde. Une quinzaine d'hommes, équipés de combinaison de plongée et de tubas, repèrent les spécimens destinés aux deux principaux clients du jour, à savoir les delphinariums Izu-Mito Sea Paradise et Keikyu Aburatsubo Marine Park. Ils poussent les dauphins choisis - le plus souvent, des mères et leur enfant - vers des enclos à part non loin de là, afin de les mettre à l'abri et de les livrer plus tard à leurs commanditaires. Avant cela, les nouveaux captifs, baignant dans le sang de leurs compagnons proches, devront subir une «désensibilisation» (habituation au poisson mort et à la présence de l'homme, premiers dressages, etc. ) dont on a pu prendre également quelques images. Quant aux autres dauphins, ils se tiennent toujours entassés dans leur nasse le long de la plage. On les y laisse jusqu'au lendemain, et là, l'Enfer commence... Les cétacés sont attachés par la queue à un câble et traînés à toute vitesse sur le sable brûlant. Des tas de corps gris empilés se forment, des alignements de dauphins allongés, couverts de poussière, peau écorchée par les cailloux. Mais toujours bien vivants, hélas, car parfois, on les voit se redresser par spasmes, les yeux fous, en piaulant leur terreur puis retombant, épuisés. Parfois, c'est par grappes entières, à l'aide d'un camion ou d'une grue, que l'on tire les dauphins vers la terre. Beaucoup sont égorgés. Ils meurent lentement, la carotide crachant de grands jets de sang sur le pêcheur qui s'éloigne, impassible. D'autres ont le cœur ou le flanc percé avec une sorte de pelle-épieu, qui les fait se tordre de souffrance. Une fois, deux fois, le pêcheur frappe puis, sans se soucier si sa victime est morte ou non, il se dirige vers d'autres corps étendus, frémissants, qui le voient venir sans pouvoir rien faire... D'autres dauphins semblent oubliés : laissés sous le soleil, ils s'étouffent lentement sous leur propre poids. Un pêcheur passe et marche sur un alignement de ces corps : l'un des cadavres se cabre sous la botte. Cette pauvre chose vit encore ! Certaines images nous montre des cinéastes et activistes présents sur place, tentant de convaincre l'un des pêcheurs. A côté d'eux, un dauphin agonise, sans blessure, juste échoué sur la terre. "Qu'on lui donne au moins le coup de grâce !" semble plaider l'un de ces témoins. Rien à faire. Pas question de perdre son temps. Le dauphin mourra là, dans quelques heures peut-être.... Pendant ce temps, marchant dans l'eau sanglante à mi-cuisse, un homme en tenue de plongeur continue le sale travail. La mer est agitée comme en pleine tempête par les coups de caudale des dauphins pris au piège. Des gerbes d'écume rougeoyante s'élèvent. Le tueur passe nonchalamment parmi ces êtres paniqués et il égorge, il plante le pieu, sans cesse. Parfois il s'écarte pour vérifier le bon état de sa combinaison, puis il repart, tuant au hasard, sabrant dans le tas comme on fauche les orties.... Plus loin, maintenus sous un filet expressément enfoncé dans l'eau, d'autres dauphins se noient lentement. Il leur faudra, à eux aussi, un long moment pour mourir...
Les chasses continuent
Du 29 mars au 6 avril 2001, Hardy Jones, le Directeur de l'organisation Blue Voice a pu visiter plusieurs villages sur la côte du Japon, dont les habitants sont sinistrement connus pour ces terribles "pêches au rabattage" (drive-hunt). Lors de cette mission d'observation, Hardy Jones était accompagné par Sakae Fujiwara, un environnementaliste local et par une journaliste du "Sunday Mail", Annabel Heseltine. Le voyage était soutenu et financé par les organisations suivantes : In Defense of Animals, Whale and Dolphin Conservation Society et Cetacean Society International. L'association japonaise ELSA Nature Conservancy assurait l'accueil de la délégation. Hardy Jones, qui travaille à lutter contre les massacres de dauphins au Japon depuis près de vingt ans, publie donc aujourd'hui un rapport complet en anglais sur la situation. Ce document prouve non seulement de façon irréfutable la connexion entre les pêches dites "drive-hunt" telles que menées à Iki ou Futo Port et la florissante Industrie américaine des Delphinariums mais il révèle aussi à quel point le malaise ressenti par les pêcheurs sous la pression des protestations internationales est important. Les massacres ont désormais lieu la nuit, au large, mais ne s'interrompent pas pour autant. "La population japonaise est bien entendu hors de cause dans cette affaire" insiste Hardy Jones, "ce ne sont que quelques groupes financiers qui entretiennent ce commerce très profitable, à la demande expresse de firmes étrangères et avec l'accord de plus hautes autorités du pays". Sur place, que ce soit à Taiji, Ito, Futo ou Iki, Hardy Jones a pu en effet observer en de nombreux endroits de véritables "entrepôts à dauphins", sorte d'enclos grillagés montés à la va-vite dans un recoin discret du port. Les quelques captifs qui marinent dans ces eaux sales sont les survivants d'une précédente boucherie. Retirés de l'eau lors du massacre, jetés dans un camion puis stockés dans ces zones d'attente, ils seront finalement vendus à quelque intermédiaire véreux venu estimer leur valeur.
Les substances solides, généralement des déchets, que l’on trouve dans le milieu marin s’appellent débris marins. Pour la plupart, nous sommes probablement convaincus que les débris marins ne sont constitués que de quelques détritus éparpillés sur les plages et qu’ils ne font de mal à personne. Ce n’est malheureusement pas le cas. Les débris marins sont devenus un problème de pollution généralisé qui affecte tous les océans du monde. Ils sont la cause de lésions et de décès de nombreuses espèces marines (tortues, albatros, phoques, baleines ou poissons), soit parce que ceux-ci y restent emprisonnés soit parce qu’ils les prennent pour des proies et les avalent. Les débris marins les plus courants sont constitués de matières plastiques et synthétiques, qui ont des effets désastreux sur la faune marine et les oiseaux de mer. Au moins 267 espèces différentes ont souffert d’enchevêtrement ou d’ingestion de débris marins, parmi lesquelles, des oiseaux de mer, tortues marines, phoques, otaries, baleines et poissons. L’ampleur de la contamination du milieu marin par les déchets plastiques est énorme. Ils flottent dans tous les océans du monde, des régions polaires à l’équateur. Le lit marin, spécialement à proximité des régions côtières, est lui aussi contaminé principalement par les sachets en plastique. Le plastique est aussi omniprésent sur les plages du monde entier, tant dans les régions peuplées que sur les rives d’îles désertes très lointaines. La lutte contre les débris marins va de la législation internationale pour empêcher les bateaux de jeter du plastique en mer et de campagnes contre les effets diffus des mauvaises pratiques industrielles, aux opérations de nettoyage des plages et du lit marin et à des actions de sensibilisation à grande échelle. Les déchets plastiques ont de nombreuses origines. On estime que la plus grande partie de ce qu’on trouve en mer provient de la terre. Les conséquences des poubelles et des décharges côtières sont aggravées par d’autres facteurs, comme le fait que rivières et déversoirs d’orage déchargent les déchets provenant des zones urbaines de l’intérieur des terres. Ce sont justement les caractéristiques du plastique qui le rendent si utile, sa stabilité et sa résistance à la dégradation, qui sont la cause du problème une fois qu’il a servi. Ces matériaux demeurent dans l’environnement et ne sont pas facilement dégradés ou traités par des mécanismes biologiques naturels. Toutefois, dans l’océan, les matières plastiques sont effritées, déchirées mécaniquement ou par l’action de la lumière solaire en des morceaux de plus en plus petits, jusqu’à devenir, au fil du temps, de la taille de grains de sable. Ces particules ont été retrouvées en suspension dans l’eau de mer et sur le lit marin sous forme de sédiments. Même si petites, ces particules peuvent nuire à l’environnement marin car elles sont avalées par des créatures marines de petite taille et peuvent concentrer les polluants organiques persistants (POP) présents dans les mers. Ce rapport fait une évaluation scientifique de la distribution des débris marins dans les océans du monde et de leurs impacts sur la faune et la flore. L’information provient surtout d’articles publiés à ce sujet entre 1990 et 2005. Des solutions réalisables y sont présentées, afin de freiner cette menace qui pèse sur le milieu marin.
Des messages alarmants se font entendre depuis quelques années sur l’état de la planète et son avenir. On nous signale pratiquement chaque semaine une nouvelle catastrophe écologique ou une nouvelle agression à la nature restée jusque là insoupçonnée. Une simple comparaison de l’état de la planète en 1970, 1980, 1990 et aujourd’hui illustre la vitesse croissante avec laquelle la situation se dégrade. On peut sérieusement se demander: si les choses continuent à ce rythme, combien de temps encore la planète restera t-elle habitable? Notre planète est bien malade. Des commissions de spécialistes, à l’échelle mondiale, se sont réunies à plusieurs reprises. Une instrumentation sophistiquée a été mise au service de leurs enquêtes. Dans l’ensemble, les rapports concordent. Tous les clignotants sont au rouge. Il serait difficile de sous-estimer la gravité de la situation. Les données de plus en plus précises sur la diminution de la couche d’ozone, sur l’accroissement du gaz carbonique dans l’atmosphère et sur la quantité de produits toxiques déversés dans la biosphère sont très préoccupantes. Même si on ne connaît pas avec certitude l’effet de ces modifications, on sait pourtant déjà qu’elles pourraient être graves. C’est suffisant pour justifier notre inquiétude. Un exemple : Les cinq années les plus chaudes du siècle dernier se situent toutes entre 1980 et 1990 ! Bien sûr, il peut s’agir tout simplement d’une « fluctuation statistique ». Mais alors quelle fluctuation ?
A la question « est-il trop tard ? », il faut répondre d’un « non » volontaire. Les plaies que nous avons ouvertes peuvent encore guérir. Pour cela, il faut tout mettre en œuvre pour freiner le rouleau compresseur de la détérioration planétaire. Il faut maintenant beaucoup plus que de la bonne volonté. C’est une véritable croisade « d’assistance à planète en danger » qui doit rapidement se mettre en place. Pour cette tâche urgente, toutes les forces vives doivent s’y atteler. Les gouvernements, les institutions, les scientifiques, les journalistes, les jeunes, les femmes, les responsables des villes, les entreprises, les syndicats et les ONGs. Le mouvement associatif vert était encore dans les limbes en 1972 lors de la Conférence de Stockholm. A Rio en 1992, il s’est affirmé, et à Johannesburg en 2002, une cohésion du mouvement à l’échelle planétaire, en tant que force de proposition, s’est manifestée et les ONGs du nord comme du sud ont parlé d’une seule voix. C’est là un des aspects positifs du sommet. Il y a désormais aujourd’hui une prise de conscience de notre identité de « terriens ». cette prise de conscience concerne aussi bien les gouvernements que les sociétés civiles, et rien ne vaut une cause commune pour rapprocher les gens. Ensuite il y a aussi la possibilité d’un rééquilibrage nord-sud. Depuis quelques décennies l’écart de richesse entre les deux hémisphères va en s’accentuant. Les nations pauvres se saignent à payer les intérêts de leur dette nationale. La crise écologique contemporaine nous rappelle que cela ne pourra pas continuer indéfiniment. Les pays riches ne pourront plus ignorer la pauvreté du tiers monde. Mais les Etats-Unis continuent de faire cavalier seul tant sur les accords de Kyoto que sur l’aide au développement. Les dernières catastrophes naturelles qui viennent de les frapper les feront-elles changer d’avis ?. Espérons-le !